lundi 10 septembre 2007

10 jours après la fin du traitement.

La semaine qui a suivi l'arrêt des rayons a été une des plus épuisantes de ma vie. Une fatigue qui se traduit par une sensation d'épuisement ou l'impression d'avoir sur les épaules un sac trop lourd à traîner. L'envie de mettre le nez dehors, de profiter du jardin est comme morte, abolie, inexistante.

Durant cette période j'ai fait un rêve où je devais monter un escalier. Peu importe les théories Freudiennes ou Jungiennes qui sont derrière l'escalier. Pour Freud que je connais mieux, cela renvoie à la sexualité, et il faut bien reconnaître que les rayons ne sont pas un facteur favorisant la relation amoureuse.

En fait c'est chez moi une sorte de rêve récurrent. Une de mes jambes refuse le service que l'on attend d'elle. Elle ne marche pas, refuse de bouger. Je dois me servir de mes mains pour la soulever afin qu'elle se déplace et/ou se plie.

Là, c'était les deux jambes qui refusaient de marcher et je devais en fait me hisser avec la force des bras, ce qui est loin d'être évident et qui est épuisant. Ce rêve est comme la traduction de la paralysie induite par la fatigue.

J'ai écrit une thèse de psychologie dont le titre est "Alors ça marche?" consacrée aux enfants porteurs d'un handicap, congénital ou acquis, concernant la motricité des membres inférieurs. Ce rêve me plonge dans une situation où justement ça ne marche pas.

Ce même jour, j'ai du aller à Paris et à ma grande joie, les escaliers ne m'ont pas posé de problèmes, même si monter deux marches à la fois n'était pas évident...

J'ai eu une séance avec mon étiopathe. je dois dire que j'estime avoir beaucoup de chance et de le connaître et de pouvoir m'offrir ces séances.

Il a me semble-t-il travaillé sur la thyroïde, car il est resté un bon bout de temps sur la base de gorge, sur le foie, la rate le pancréas. Et surtout il a pu me dire qu'il y avait un gros problème au niveau du plexus brachial ce qui fait que j'ai adopté une posture complètement dissymétrique. Posture dont je suis consciente, car mon épaule gauche est souvent plus haute que la droite. J'ai bien senti quand la circulation s'est mise à reprendre dans la main gauche. Je ne sais trop s'il faut parler de flux, d'énergie, mais c'est comme si cela redevenait vivant et irrigué.


Les deux jours suivants ont été marqués par la fatigue, mais samedi, elle m'a semblé plus légère.

Dimanche nous avons pu partir comme prévu en Bretagne. Le voyage s'est passé "normalement" et j'ai été séduite par le cadre de l'hôtel où nous sommes pour une semaine. Il y a de l'eau à profusion, que ce soit celle d'un petit étang avec des canards ou la mer qui est en contre bas.

Aujourd'hui, une première promenade de prévue.

Mais vivre "normalement" que c'est bon.Ne plus ressentir de fatigue après le petit déjeuner ou un repas, c'est une petite joie, mais c'est bon à prendre.

On dit souvent que le cancer permet de prendre la conscience de chaque instant, de profiter du présent. En fait célébrer le temps au présent, à chaque instant.

Je pense que je dois m'attendre à de nouveaux coups de fatigue, mais avoir expérimenter que cela peut cesser, c'est un vrai cadeau.

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