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jeudi 29 novembre 2007

Anémie et fatigue.





Petit préambule.

début du préambule

Quand je suis rentrée dans le secondaire, le trimestre de rentrée n'a pas été un très bon trimestre, et pourtant je travaillais de manière très consciencieuse. Mon père à cette époque là, était directeur d'usine. Il avait instauré une bonne médecine du travail dans son usine où il y avait pas mal de solvants. Il avait pris l'habitude de travailler avec l'institut médico légal, pour les examens de laboratoire.

Ne comprenant pas à quoi était due cette baisse de rendement (scolaire), il m'a envoyé faire une prise de sang dans cet établissement que je ne savais pas être la morgue.

La prise de sang a montré qu'il y avait une anémie. Le remède à l'époque était des piqûres de vitamine B12, ce dont je garde un très mauvais souvenir. Cela sentait mauvais et le liquide huileux rendait l'injection (que je me suis très vite fait toute seule) douloureuse.Et puis c'était la grosse seringue en verre qu'il fallait faire stériliser, bref pas drôle.

Après tout était rentré dans l'ordre et "la machine à ronger le granit de la science de ses jeunes dents"que j'étais censée être, fonctionnait à nouveau parfaitement.On avait trouvé la cause du dysfonctionnement, on avait trouvé la parade, donc tout était pour le mieux.

Bien entendu quand on a 11 ans, on ne se plaint pas d'être fatigué. Mais il s'est fait dans ma tête une association entre anémie et fatigue et quand mon taux d'hémoglobine est en dessous de 12 en général je ne vais pas très bien.

Fin du préambule.


Je fais partie des personnes ayant une formule sanguine normale mais limite inférieure du moins pour les hématies et l'hémoglobine. En général cela tourne autour de 4.200.000 et 13.5.

J'ai eu un certain nombre d'analyse de sang depuis l'intervention chirurgicale du mois de mai.

Le cancérologue qui me suit m'a demandé de faire un bilan sanguin avant de le revoir, la consultation étant prévue le 10 décembre.

J'ai eu les résultats avant-hier et je n'en suis pas ravie. Tous les marqueurs sont bons donc de ce côté là, parfait. Par contre en ce qui concerne la numération globulaire, force m'est de constater que entre la fin des rayons et maintenant, il y a un petite chute des globules rouges (de 3.990.000 à 3.750.000) et de l'hémoglobine (de 12.3 à 11.7). Les plaquettes ont baissé: elles étaient à 250.000 avant la radiothérapie, 175.000 à la fin du traitement et 160.000 maintenant. Je me demande si une partie des problèmes de cicatrisation que j'ai avec mon oeil ne sont pas liés à cette baisse des plaquettes..

En soi, ces chiffres ne sont pas du tout catastrophiques. Je pense qu'ils peuvent peut-être expliquer en partie la persistance de la fatigue, alors que les rayons sont terminés depuis 3 mois.

J'espère que mon oncologue pourra me donner une raison à cette baisse. Bien évidemment je l'attribue aux rayons, car j'avais lu qu'il fallait faire des NFS de manière régulière pendant et après les séances, ce qui laissait à supposer que les rayons ont une incidence sur la formule sanguine. Mais je n'ai rien trouvé de significatif sur le net pour le moment.

Mais pour dire ce qui est, ces résultats, ont provoqué chez moi un profond mécontentement.

Je ne suis pas contente.

Je sais que cela peut paraître stupide, mais je ne suis pas contente parce que je veille à mon alimentation et à ma santé. Constater que les chiffres descendent alors que j'espérais qu'ils auraient remonté pour se rapprocher de ce qui est mon équilibre n'est pas pour moi source d'inquiétude, mais source de colère, colère contre ces rayons qui continuent à détruire.

Je n'aime déjà pas beaucoup ce que les rayons ont fait sur la structure de mon sein, mais là comme on dit, ça en rajoute une couche... Et après on viendra me dire que la fatigue c'est dans la tête.

Comme je crois l'avoir dit, je suis incapable de parler de mon cancer au passé et de dire "j'ai eu un cancer du sein". Chaque jour je vis avec ce cancer qui renvoie à ma mort. J'apprends à vivre avec lui, ce qui est certainement une très bonne chose pour moi et mon cheminement.

Peut-être que cette numération en soit relativement banale et pas dramatique, m'oblige à admettre qu'il faut laisser du temps au temps, et que les rayons comme toute médication efficace ont des effets secondaires qui ne lâchent pas prise si facilement.

Je vais être un stroumpf grognon aujourd'hui:


j'aime pas les rayons,
j'aime pas la fatigue,
j'aime pas le cancer,
j'aime pas pas être contente,
j'aime pas être en colère

J'aime pas le "ferrograd", mais faut ce qu'il faut non?

j'aime pas être un stroumpf grognon, c'est pour cela que j'en ai choisi un autre...

mardi 20 novembre 2007

"6 mois"



La biopsie date de la mi-mai, l'intervention chirurgicale du 23 mai, le début des rayons du 16 juillet et l'hormonothérapie du 25 septembre.

Où en suis-je aujourd'hui? A dire vrai je ne sais pas trop.



Quand on est trop gourmand, on peut confondre bouche et oeil et voilà alors ce qui arrive: un oeil tout noir...

L'incident de mon oeil a été difficile à vivre. Ce qui se voit n'est pas évident à gérer. En fait quand mon sens de l'humour a pu reprendre le dessus, c'était déjà beaucoup mieux: je suis devenue "mamie panda" l'espace d'une dizaine de jours, après je me suis vue en "lapin russe", et maintenant, je redeviens presque normale, sauf que ce n'est pas terminé et que les deux yeux me semblent très dissymétriques. Je me supporte mal comme ça, mais comme tout n'est pas résorbé j'espère que mon oeil récupérera une taille normale dans les prochaines semaines. Je veux dire que quand je me regarde dans une glace je n'aime pas ce que je vois. Quand j'étais petite il y avait une vieille dame avec une paupière un peu tombante et cela me faisait très peur. Il n'y a pas eu de dégâts dans l'optique de l'oeil et je peux me consoler un peu avec ça. Mais une atteinte reste une atteinte.


Je crois que pour comprendre ce que je vis dans cette aventure avec une maladie qui vient du dedans de moi et qui peut tout à fait me détruire (même si le pronostic est un bon pronostic), il faut parfois aller voir ce que j'écris dans mon autre blog.

Un blog c'est un peu comme un miroir. Il réfléchit un jour après l'autre des états qui sont différents, il renvoie à des facettes, et en fin de compte pour moi il est très thérapeutique. L'écriture a toujours été pour moi une sorte de thérapie. Ce n'est peut-être pas pour rien que beaucoup de mes écrits professionnels sont des questions, mais ceci est une autre histoire. Le blog me permet de dire ce qui se passe en moi, aussi bien dans une recherche spirituelle que dans ce compagnonnage avec la maladie. Dissocier ces deux aspects est plus simple pour moi. Je suis scientifique de formation donc analytique. Le blog est le lieu de mes découvertes.

Mon désir profond depuis quelques années est de m'alléger, de me transformer, de muer. D'une certaine manière ce désir se réalise; pas du tout comme je pouvais l'imaginer, mais c'est bien que cela se passe ainsi.

Peut-être aurai je du "crier" plus que je ne le fais, mais j'ai connu trop de choses dans ma vie professionnelle pour ne pas être lucide sur ce que je vis et qui n'est pas dramatique. Peut-être que je me plains beaucoup des relations que j'ai avec le monde médical, mais cela est très lié au travail d'écoute que j'ai essayé de pratiquer depuis des années. Je sais que l'on est parfois tellement secoué par une phrase prononcée pourtant très gentiment par un médecin qu'on devient comme sourd à tout le reste de l'entretien.

Je sais que les abréviations (j'en emploie aussi dans mon métier) doivent être expliquées, mais que lorsqu'elles sont employées journellement, on n'y pense plus. J'ai la chance de savoir ce qu'est un Glasgow dans les comas, mais peu de personnes le savent. Pourtant comprendre ce qui se cache derrière des lettres et des chiffres est important.

Pour en revenir au titre de ce billet, oui cela fait 6 mois que beaucoup de choses ont basculé.

Pour parler de mon sein en tant que tel,d'une certaine manière, je le regarde, je le touche, mais il ne m'appartient pas vraiment. Il n'est pas mort, mais il n'est pas vivant non plus. Il reste nettement plus volumineux que le sein sain. Il y a parfois des sensations douloureuses au niveau de la cicatrice qui irradient un peu dans l'épaule. Alors bien entendu des questions naissent quand ça fait mal. Et si quelque chose se passait, et si... Mais normalement les échographies et mammographies du début décembre devraient donner des réponses. Ceci pour dire que l'angoisse liée à cette pathologie reste présente.

Aujourd'hui il reste la fatigue qui se manifeste par une sensation d'épuisement. Elle est différente d'une fatigue de dépression (je connais). Cette fatigue elle est moi, elle fait partie de moi et je vais peut-être apprendre au fil des jours à la regarder autrement. Peut-être est-elle aussi préfiguration de la vieillesse et des pertes qui l'accompagnent? Peut-être disparaîtra-t-elle?

Il est certain qu'elle augmente aussi ma compassion pour toutes les personnes qui connaissent cette sensation où l'on se sent vide, incapable de faire, même si par ailleurs les gestes restent quand même possibles. Oui je peux faire ce que j'ai à faire dans ma maison et parfois ce faire est joie, mais parfois il est effort, effort qui coûte et qui ne procure pas de plaisir.

Il reste (ou il restait) les bouffées de chaleur liées au tamoxyfène. Ma gynécologue que j'ai rencontrée jeudi m'a donné un médicament (non remboursé) qui répond au doux nom de SERELYS. Je le prends depuis moins d'une semaine et hier soir, pour la première fois depuis deux mois, j'ai passé une soirée quasiment normale. Là c'est un très beau cadeau. Ma gynécologue m'a demandé de la tenir au courant de l'effet de ce médicament, ce que j'ai apprécié, car le prochain rendez vous est dans un an, ce qui veut dire que je peux téléphoner pour donner ainsi de mes nouvelles. Quand je parle d'humanité chez les soignants, c'est à cela que je fais référence.

A chaque jour suffit sa peine. J'espère que les personnes qui me lisent et qui sont parfois choquées par un certain exhibitionnisme, comprendront mieux le travail qui se fait en moi en ce moment est un cheminent vers un "autrement". Ce cheminement que j'ai la chance de ne pas faire seule, même si ce travail de fond reste quand même très individuel.

mardi 6 novembre 2007

"Une histoire d'oeil"

J'utilise un peu le blog pour sortir ma rogne...

Voici le coupable: un arbuste que j'ai soigné hier avec amour en enlevant la mousse qui était à son pied.

En fait je plantais des oignons de tulipes, le jardinier était passé le matin, le jardin était propre et il faisait très beau bref les conditions idéales pour jardiner un peu.

Et brusquement un choc dans l'oeil, comme si je m'étais empalée sur une branchette. Pas très mal, mais une sensation bizarre. Comme la vision ne semble pas altérée je continue mon travail presque jusqu'au bout.

Je rentre à la maison et voilà ce que j'ai vu:

Alors je m'affole un peu, je téléphone chez mon optalmo qui me reçoit dans l'heure qui suit.

C'est superficiel. Aucun traitement, même pour désinfecter, attendre. Les traitements homéopathiques, manifestement il ne connaît pas. Je suis donc rassurée. Je vais prendre de l'arnica, et mettre de l'hémoclar.

Alors pourquoi mettre ce billet dans le blog du cancer?

Voilà la solution.

Je prends pour lutter contre une récidive un médicament qui favorise les thromboses. Mon phlébologue après avoir injecté mardi dernier le produit pour scléroser une veine, m'a demandé de prendre de l'aspirine 2 grammes par jour pendant 5 jours. Je n'aime pas prendre de l'aspirine, parce que je sais que si je me blesse, il y a un petit risque hémorragique.

Et de fait c'est ce qui s'est passé. La rupture du capillaire a provoqué une véritable hémorragie. Alors qui est responsable de mon oeil?


mon oeil ce matin au réveil. Pas beau le n'oeil!

Bien sûr, je pourrais dire ma maladresse, mais si je n'avais pris d'aspirine, les séquelles auraient été minimes.

Alors d'une certaine manière je retombe sur le cancer qui est quand même à l'origine de cet incident.

A nouveau j'ai été confrontée à cette fatigue qui porte au coeur, et pourtant ce n'était pas très douloureux.

Alors ce matin je ressens cet incident comme si dans le match qui m'oppose à cette maladie, j'avais perdu un point.

Faut-il jardiner avec des lunettes?

jeudi 1 novembre 2007

Deux mois...



Deux mois, deux mois quoi?

Deux mois que les rayons sont terminés, un mois qu'ils n'agissent plus avec la même virulence. Deux mois, cela fait quand même 60 jours.

Un mois que je prends l'anti oestrogène et que je dois accepter ces bouffées de chaleur que je hais, même si elles sont peu nombreuses et de courte durée. Je sais que la semaine après ma naissance, par une chaleur étouffante, il y a eu l'exode et que pour se reposer ma mère me couchait dans un oreiller de plume (normal à cette époque). Et là j'ai l'impression que la chaleur qui envahit tout mon être est du même ordre que la chaleur secrétée par ce coussin dans lequel je m'enfonçais sans pouvoir rien faire, sans pouvoir me retourner, sans pouvoir y échapper..

En fait cela revient toujours à la possibilité d'être actif et là, il n'en est rien. C'est une sorte de chaleur en trop que j'aimerais parfois communiquer à ceux qui vivent dans un sentiment d'abandon de froid. Si au moins ça pouvait servir à quelque chose, à quelqu'un?

Je vais bien et je ne vais pas bien et cela c'est difficile à supporter. Je me rends compte qu'avoir de la compassion envers soi-même cela n'est pas évident du tout. Je me demande parfois si je mets un peu trop de grains dans le moulin, peut-être pas au bon rythme, ou si le moulin a un problème avec les engrenages. Et si c'est le cas, alors cela renvoie à autre chose, en particulier avec le vieillissement et cela, honnêtement, je n'aime pas.

Ce qui est certain c'est que le moulin il aime moudre, mouliner, il est fait pour ça. Il aime le bruit de l'eau dans les aubes de la roue, il aime le bruit du grain entre les meules, il aime la douceur de la farine et quand ça s'arrête, il ne comprend pas, il n'aime pas.

Chaque fois que je sens que je dois m'arrêter, que ça ne va pas, que j'ai envie de m'allonger, de fermer les yeux, d'attendre que ça passe, il y a de la révolte en moi. Je ne fais pas grand chose et ce "pas grand" est parfois du trop. Et cela je n'aime pas.

Bien entendu, je vais apprendre à vivre avec cela et puis peut-être que dans quelques mois, ce sera derrière moi. Mais aujourd'hui, avec l'automne qui est là, les feuilles qui tombent, les journées qui racourcissent, le moral est un peu en accord avec la saison.

Ce qui est certain aussi, c'est que même si mes deux seins extérieurement se ressemblent, ils restent très différents. Le sein traité a beaucoup moins de sensations, un peu comme s'il était mort et cela aussi c'est désagréable. Il n'est plus douloureux, puisque je peux me coucher sur lui, mais il a en lui une partie que je ressens comme non vivante.

Bref je vais bien et je ne vais pas très bien. Il y a quand même des petits coins de ciel bleu derrière les nuages.

Je me dis que le ciel est bleu quelque part.

dimanche 21 octobre 2007

le moulin à eau (ou à vent).


Au fur et à mesure des jours je me rends compte - et cela ne me plait guère - que beaucoup de faits qui touchent à mon corps (ce que je pourrais appeler des bobos, des douleurs) ou à mon rythme de vie (comment vais-je réagir si je fais telle ou telle chose, si j'en fais plus, si j'en fais trop-mais le trop c'est quoi?-) m'inquiètent.

Les bouffées de chaleur qui m'assaillent surtout le soir, me sont très pénibles. Impression que le corps veut d'un coup évacuer quelque chose, se débarrasser de quelque chose, mais de quoi? Cette chaleur, c'est une mauvaise chaleur. J'ai parfois l'impression qu'elle est lié à de l'émotionnel, bouffée de colère, bouffée d'impuissance? Il y a cette transpiration fine qui m'envahit de la tête aux pieds, l'impression presque de brûler, d'avoir trop chaud, et il n'y a pas de raisons, sauf bien sûr le médicament que je prends depuis un mois maintenant et que l'un dans l'autre je supporte très bien.

Que ce soit purement "mécanique" je veux bien, mais en fait à ces moments là, je vis une dessaisie complète de mon corps. Il faut que j'attende que ça passe et même si ce n'est pas très long (il y en 3 ou 5 par soirées) j'aimerais trouver ce qui provoque ce phénomène. Est ce lié à la digestion, à la fatigue du soir?

Ce qui est certain c'est que ces "attaques" de chaud ne me permettent pas d'évacuer la peur insidieuse de cancer et peut-être de ma mort.

Quand je passe du temps pour moi, à laisser mon corps respirer à son rythme ou au rythme d'une phrase, je me rends compte que la zone du foie est chaude, alors que je m'attends à trouver de la chaleur beaucoup plus au centre de mon ventre. A-t-il besoin d'une aide pour évacuer les effets résiduels des rayons et l'effet du tamoxifène? Peut-être bien.


Lors du massage Shiatsu, la praticienne, qui est une amie, m'a dit plusieurs choses et j'ai une grande confiance dans ce que peuvent percevoir les mains d'une kiné. Elle n'a pas retrouvé la carapace défensive de la première séance, ce qui montre bien que quelque chose est réellement advenu.

Ma colère est beaucoup moins intense, elle se serait transformée en rancune. Moi, je dirai plutôt rancoeur, parce que cette maladie, je peux dire qu'elle me pompe l'air. Car maintenant il y a en moi une vilaine petite voix qui sussure: si ce cancer là est stoppé, momentanément, qu'est ce qui prouve que d'autres cellules ailleurs ne vont pas faire la même chose?

Car je continue à croire que le cancer n'est pas uniquement lié au vieillissement ou à la biologie, mais aussi à l'impact de certains événements qui peuvent être vécus comme traumatiques. Des traumatismes liés à la vie "normale", personne n'est à l'abri et j'ai appris maintenant que toute psy que je sois, avec mon habileté à mettre assez rapidement des mots sur les événements qui ont un fort impact émotionnel, mon corps peut fort bien se mettre à dysfonctionner. J'ai peut-être perdu une espèce de croyance en une toute puissance de la pensée.

Si c'est un fruit de cette atteinte, alors je dois reconnaître que c'est un très bon fruit, même si mon narcissisme doit un peu en souffrir.

Le foie et la vésicule seraient les lieux de "la colère", et chez moi elle a senti qu'il y avait un gros travail à faire de ce côté là. Elle a eu une phrase curieuse: cette zone appelle de la chaleur. Comme si la circulation était bloquée ou comme si elle consommait plus d'énergie que mon corps n'est capable de lui donner ou de créer.

Cette idée là me plaît bien: participer à fournir l'énergie dont un organe a besoin. je ne sais pas comment, à part apporter de la chaleur soit avec mes mains, soit avec une bouillotte, mais je sais que c'est un travail qui me plait beaucoup d'inventer mes propres représentations.

Peut-être l'image d'un moulin à eau, un gros moulin qui a besoin de beaucoup d'eau pour moudre. Et le courant a faibli, il se ralentit, mais si on lui apporte toujours du blé et encore du blé, alors ça va bouchonner et se boucher. Il faut apprendre à donner moins de grains et aussi à draîner le cours d'eau sur lequel le moulin est installé



Lors de ce massage, du fait que j'avais déjà eu un premier contact, les sensations ont été très différentes. Il y a certainement une élimination importante car mon alliance, tourne beaucoup plus facilement autour de mon index, mes doigts ne sont plus gonflés. Il y a eu des gargouillis dans l'abdomen en soi agréables car sensation de détente ou plus exactement d'organes qui se retrouvent à la bonne place, sans tension. La sensation de froid peut-être plus intense cette fois ci. J'ai aussi été surprise par le contact des doigts que j'ai ressenti comme très rugueux. Des doigts qui savent ce qu'ils veulent, une sorte de volonté puissante de l'autre. Se laisser agir.

La place aussi faite à la parole. Pour moi qui suis habituée à écouter, parler à une autre professionnelle est une expérience très positive et très importante. Mais je crois que la fatigue qui a été presque plus intense et surtout plus lente à se dissiper est aussi liée à certaines de mes paroles. Parfois on peut nommer les choses, parler du ressenti et puis ceci fait, cela redescend en arrière fond. Le remettre au premier plan réveille d'autres affects, d'autres images et la métabolisation prend toujours un certain temps et consomme également de l'énergie.

Je crois que cette lente et profonde fatigue est actuellement quelque chose qui me mine un peu. Peur du lendemain!

J'ai assisté cette semaine à une conférence passionnante mais en soirée sur le livre d'Esther. Cela a nécessité de moi un effort d'attention considérable donc une fatigue assez intense le jour suivant.

Il se trouve que cette conférence s'est passée dans la ville où j'ai "subi" la radiothérapie, et je crois que cette route qui m'est très désagréable a aussi un impact sur mon "émotionnel" donc sur ma fatigue.

Je crois que j'espérais que le Shiatsu m'aiderait un peu magiquement à vaincre cette fatigue, mais elle a persisté et c'est là l'autre peur: comment récupérer? Comment prévoir qui je serai et comment je serais d'un jour sur l'autre.

J'ai participé ce week-end sur les psaumes. Je suis rentrée dormir chez moi et le matin je n'arrivais qu'au début de la session. La fatigue n'a pas été une gêne réelle. Le soir, malgré une petite peur du lendemain, je me suis sentie bien comme si mon organisme avait eu besoin de beaucoup de temps pour se remettre en phase.

Il est aussi possible que outre l'âge, parce que je dois bien en tenir compte, le drôle d'automne que nous avons eu jusqu'à maintenant, avec la reprise d'une végétation presque printanière (il y a des pâquerettes un peu partout) joue aussi en déréglant mes mécanismes internes.



Ce matin, après une bonne nuit, j'ai enfin nettoyé l'aération de la cuisine. C'est un bon point. Du coup l'état du plafond reste un peu inquiétant, mais là chaque chose en son temps, ne pas donner à moudre du grain qui ne peut être moulu sous peine de bourrage et d'arrêt.

vendredi 12 octobre 2007

Mots



L'automne est là; les feuilles prennent d'autres colorations et à ma grande surprise de nouvelles fleurs sont là écloses ou à éclore. Signe que même à l'automne de sa vie, des éclosions, des floraisons et des fécondations restent possibles.

Il y a quelques jours, en pensant à cette maladie: le cancer, je me disais que les mots savants qui la désignent sont des mots que je n'aime pas que ce soit sarcome (cancer des tissus conjonctifs), carcinome (nom générique du cancer que j'ai fabriqué) lymphome, mélanome et autre. Est ce le son "ome"? Je crois que c'est plutôt l'association des syllabes. Ces mots en tant que tels ont une sorte de pesanteur que je n'ai jamais aimée. Quant au mot "tumeur-tu meurs" n'en parlons pas. C'est peut-être pour cela que le mot de "nodule" me convenait beaucoup mieux.

Je reprends une vie normale. Simplement tout petit plus provoque de la fatigue. J'en viens à me demander si je n'en rajoute pas. Est-ce l'âge (donc la vieillesse), la suite du traitement de cet été? Ce qui reste certain c'est que tout ce qui sort de la vie habituelle provoque (enfin pas toujours) une sensation de fatigue qui pèse brusquement dans mon corps. Quand elle s'abat, je n'ai plus de jambes, je n'ai qu'une envie: m'asseoir ou mieux m'allonger et attendre que ça passe. Ce qui est nouveau, c'est que ça passe relativement vite et cette reprise de ce que j'appelle dans mon jargon "la pulsion de vie" est un rayon de soleil, un espoir: c'est comme ça, mais cela devient de moins en moins invalidant.

J'avais lu, mais je n'arrive pas à retrouver le texte original, que lors qu'on apprend que l'on est atteint par cette maladie, la question du pourquoi, d'une origine se pose. On a besoin de savoir ce qui a provoqué ça. La réaction d'un de mes enfants me disant, mais tu ne fumes pas, tu ne bois pas et tu fais du sport, alors ça n'aurait pas du t'arriver, montre bien que quelque part la question du pourquoi se pose.

L'auteur de l'article pense que lorsque le traitement a (bien) fonctionné, on rentre dans la guérison (terme que je n'aime pas, car je lui préfère et de loin celui de rémission, la vie reprend son cours là où on l'avait laissée (ce dont je ne suis pas sûre du tout car il y a un avant, un pendant et un après -surtout quand il y a un autre traitement et des examens fréquents). La question du pourquoi passe aux oubliettes.

Si pour moi, la question du "pour quoi" est relativement claire, celle du pourquoi reste quand même présente. Et je me porte en faux contre cette affirmation d'un absence de questionnement. Pourquoi à un moment donné de sa vie, des cellules qui jusque là étaient détruites ne le sont plus? Qu'est ce qui provoque cette invasion, car c'est bien une invasion voire une colonisation de l'intérieur, qui se fait?

Peut-on dire que certains événements peuvent favoriser cette chute de la défense normale? Pour ma part et compte tenu de la formation universitaire que j'ai reçue , j'aurais tendance à répondre par l'affirmative, tout en sachant qu'il n'y a jamais une cause unique, mais des nombreux possibles.L'être humain est un tout et le réduire à une horloge biologique ne me séduit pas.

En fait je viens d'apprendre le décès d'une personne qui vient de faire une récidive que l'on pourrait appeler foudroyante d'un cancer du sein. C'est quelqu'un de plus jeune que moi, dont en fait je ne sais rien. je sais qu'elle avait mal au dos, que les examens ont révélé des métastases dans le bassin et que les poumons ont été envahis quelques jours après en nécessitant une assistance respiratoire. Elle est "partie" alors que personne ne s'y attendait.La brutalité de ce décès pose question: que s'est il passé pour que l'on passe d'une victoire à une défaite? Est ce que quelque chose a lâché? Et pourquoi à ce moment là? Cela reste pour moi un questionnement.

Je reste assez marquée par l'histoire de la maman d'un garçon qui était porteur d'une fente labiale (bec de lièvre) et division palatine (les deux parties du palais ne sont pas soudées).La première fois que je l'ai rencontrée, elle était catastrophée. Sa demande: dites moi que mon fils n'est pas débile. Il avait 4 ou 5 ans et était à la maternelle. J'ai pu après un bilan psychologique la rassurer un peu et au fil des interventions réparatrices de son fils, une amitié s'est nouée entre nous.

Il faut dire que ce type de pathologies, du moins dans les années 80, nécessitait un nombre très elevé d'interventions et ce jusqu'à parfois l'âge de 20 ans.

Quand son fils est entré au collège, elle a eu un cancer du sein, et ce cancer l'a complètement transformée. Elle s'est mise à écrire, à être autre. Il faut dire que la malformation de son fils l'avait anéantie et qu'elle n'avait pas pu s'occuper réellement de lui avant que la lèvre ne soit réparée. Le cancer lui a permis de sortir d'une relation fusionnelle (tout à fait normale) et de reprendre une vie centrée sur ce qu'elle avait à vivre et de vivre un véritable transformation.

Je l'ai revue tous les ans, car la chirurgie plastique était encore nécessaire pour son fils.

Il y a eu récidive. Elle est morte le jour des 18 ans de son fils, et je ne crois pas que ce soit le fruit du hasard.

jeudi 4 octobre 2007

Effets indésirables.

Si on réfléchit un peu, en général quand on prend un médicament on s'attend à ce qu'il vous guérisse et non pas qu'il vous fasse du mal. Mais quand un médicament est efficace, il y a une rançon, un prix à payer: à savoir les effets indésirables, ceux qui souvent vous compliquent bien la vie au quotidien.Je ne sais pas si "rien ne se perd, rien ne se crée", mais l'efficacité d'un médicament a bien souvent un coût!

Les rayons ont eu pour moi beaucoup d'effets indésirables. Même si je reprends jours après jours une vie "normale", la fatigue insidieuse, sournoise reste prête à resurgir n'importe quand et n'importe où. Sa signature reste toujours cet état nauséeux, certes en arrière plan, mais bien présent. La différence c'est que après un temps de repos -car quand le corps parle, je l'écoute- je peux faire ce que j'avais prévu de faire et y trouver du plaisir.

L'hormonothérapie a elle aussi des effets indésirables. Comme certains touchent à mon intimité sexuelle, je me rend compte qu'il est difficile d'en parler.

Je vais simplement noter les effets indésirables du tamoxifène et noter ce qu'il en est pour moi, sans me répandre outre mesure.

Je prends ce médicament depuis 10 jours ce qui est peu. Souvent les effets négatifs diminuent avec le temps. Je peux supposer qu'au début du traitement, il y a certainement une restimulation brutale du système hormonal donc de l'hypophyse, qui provoque des effets qui se dissiperont ou diminueront avec le temps. J'espère que ma gynécologue pourra me donner des explications.

Je ne retiens que les troubles qui sont repérables pour moi et non ceux pour lesquels des analyses de sang ou des examens radiologiques ou médicaux seront nécessaires.

- Troubles visuels..............non
- Bouffées de chaleur. ...... oui, surtout le soir.
Accélération cardiaque, transpiration, chaleur. La durée est relativement courte: moins de 5 minutes. En général il y en a 3 ou 4 ce que je trouve bien suffisant.
- Démangeaisons au niveau de la vulve....... non
- Nausées qui cèdent en fractionnant les prises....... non.
- Pertes gynécologiques peu importantes... oui. L'oncologue m'en avait parlé en parlant de lubrification vaginale. Je dois dire que c'est assez surprenant et en ce qui me concerne pas très agréable parce que relativement important. Heureusement que les protèges slips sont bien au point!
- Maux de tête.......non
- Douleurs au niveau des seins...... non.

Je sais qu'il y a un risque non négligeable de prise de poids (puisque là encore mon oncologue a parlé d'une espèce de réactivation des effets pervers de la ménopause), mais j'essaye d'être très attentive, en particulier en ce qui concerne le sucre. Le poids étant un de mes ennemis, je suis prête à me battre pour ne pas le laisser me vaincre.

Il me semble aussi que mes intestins fonctionnent de manière très curieuse. Il faut que j'apprenne à les connaître, mais ce fonctionnement qui est proche de la rétention pour le moment me pose question.

Je pense m'être suffisamment étendue sur mon "petit moi" pour aujourd'hui, mais comme je sais que beaucoup de choses s'effacent quand on ne les subit plus, j'ai pris le parti de noter au fur et à mesure.