samedi 5 avril 2014

Un mois

Il y a un mois j'attendais; j'attendais... J'attendais le brancardier qui ne venait pas, j'entendais des bruits dans le couloir, mais ce n'était pas pour moi. Bref j'attendais.

Aujourd'hui, j'attends aussi: j'attends que la douleur (même si elle n'est pas très importante) cesse, j'attends que les muscles veuillent bien répondre un peu mieux, j'attends de pouvoir marcher sans cannes, parce que dans ma petite tête un mois après l'intervention c'est ce qui aurait du (ou pu) se passer. j'essaye de ne pas trop m'appuyer sur la canne, mais ce n'est pas toujours facile et ma jambe même si elle monte nettement plus haut refuse encore beaucoup de mouvements.

Quand à la télévision je vois des gens en train de courir, de marcher, cela me fait quelque chose. Si j'ai choisi de faire cette intervention c'est bien pour pouvoir marcher normalement, sauter normalement, pas pour me traîner avec ces foutues cannes. Et j'en viens à douter, à me dire que je n'aurais pas dû faire ça, que après tout la douleur n'était pas si forte que ça et que je ne vivais pas si mal que ça. Bref, je me demande vraiment pourquoi je me suis embarquée la dedans.

Une partie de moi, pense que les ennuis sont dus à la "rapidité" de l'intervention, comme si le fait de vouloir aller vite avait conduit à un non respect de mon corps, de mes os, de leur structure. Il y a des moments où je me dis que si ce que je vis comme un échec doit m'apprendre quelque chose, alors le chirurgien a été instrument et je n'ai pas à lui en vouloir, mais c'est loin d'être évident.

Je ne regarde plus mon ami google pour voir ce qu'il en est de la douleur dans les semaines qui suivent, ni pourquoi la prothèse est descendue.

Il faut vivre cela un jour après l'autre, être patient, se dire que peut être chaque jour quelque chose se gagne, mais je ne sais pas trop quoi.

Quelqu'un disait que la patience est un fruit de l'Esprit Saint, et bien de ce coté là, je ne dois pas être très bien lotie.

J'aimerai tant pouvoir me lever et marcher, mais ça ne marche pas. Et pourtant n'était ce pas le titre de ma thèse: "alors ça marche"?  Et bien pour moi aujourd'hui, ça ne marcher pas  et j'en ai un peu assez.

Ceci doit s'appeler un billet d'humeur.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Giboulée, je reprends ton texte
"Si j'ai choisi de faire cette intervention c'est bien pour pouvoir marcher normalement, sauter normalement, pas pour me traîner avec ces foutues cannes. Et j'en viens à douter, à me dire que je n'aurais pas dû faire ça, que après tout la douleur n'était pas si forte que ça et que je ne vivais pas si mal que ça. Bref, je me demande vraiment pourquoi je me suis embarquée la dedans.".... c'est pour mon genou que j'ai exactement les mêmes réflexions et cela fait plus que 12 mois....
Bon courage et unissons-nous pour apprendre la patience!
Amicalement

Giboulee, a dit…

Merci S. C'est super de reconnaître ses amies.