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mardi 3 avril 2012

Changement de cristallin le jour J.

Le jour de l'intervention. Pour ceux que ça intéresse.

Je vais essayer de détailler un peu le planning et mes réactions au fur et à mesure, de manière à ce que ce ne soit pas trop recouvert par le temps qui s'écoule, disons pour faire trace et peut-être espérer que cela pourra servir à d'autres.

Lundi matin: vrai petite déjeuner à 7h30, puisque je dois ne rien avoir mangé pendant au moins 6 heures. Quand je dis vrai petit déjeuner, c'est une galette au son d'avoine et 2 tasses bien remplies de café. Ensuite la vie normale, la douche à ma façon pour la bétadine, c'est à dire lavage des cheveux puis du corps. Je n'aime pas du tout l'odeur de ce produit. Le quotidien de la maison bien sur car je ne sais pas de quoi je serai capable demain. J'ai même enlevé quelques mauvaises herbes car je serais interdite de jardin pendant quelques jours, cela me parait évident;

A midi, pas de repas, là c'est un peu dur, surtout quand on a fait cuire des courgettes avec amour, parce que sans amour c'est moins bon. Enfin là, il faut y mettre de l'humour.

Arrivée à la clinique à l'heure dite:13H45 au service ambulatoire. Là je règle les dépassements d'honoraires, ma chambre individuelle (merci à ma mutuelle) et je vais au 4° qui est un véritable service d'hospitalisation. j'ai ma chambre, une télécommande pour la télévision et le "costume" de l'opéré qui est en tissu intissé et qui surtout a une culotte ce que je trouve fort agréable. Il est toujours difficile de se balader avec une chemise qui révèle les parties intimes.

En l'espace de une heure, une aide soignante me pose le cathlon, qui me fait mal. Elle semble ne pas très bien savoir s'il est ou non bien dans la veine. Elle fait un essai avec du sérum physiologique, comme je sens le liquide dans la main et dans le bras, ça doit aller et puis comme le fait remarquer, ils vérifieront au bloc. Ensuite elle prépare mon oeil: elle commence par mettre une goutte de bétadine, ça je n'apprécie pas du tout. Ensuite elle nettoie puis elle injecte le première goutte d'un Kit que j'ai apporté. La première goutte est douloureuse, les autres moins. Elle insère une petite pastille dans le cul de sac oculaire,cela n'est pas douloureux. L'ambulancier vient me chercher peu après, l'un dans l'autre il a fallu une heure. Il est 14h45.

Au bloc, j'y resterai un peu moins d'une heure, je reste dans un couloir, où comme dans tout bloc il ne fait pas chaud. Un anesthésiste (ne se présente pas et pas de badge) m'injecte un "petit calmant" dans le cation. je demande ce que c'est: réponse du fentanyl, mais en faible dose. Il y a quand même une dizaine de cm3. Puis il commence à  mettre des gouttes. je pense que l'un dans l'autre il reviendra au moins 5 fois si ce n'est plus. La première brûle, par!s plus rien. Je suppose qu'il s'agit d'endormir la cornée.

Puis je suis conduite au bloc. Au dessus de moi il y a des appareils qui ressemblent à de gros microscopes. Est ce que le chirurgien va travailler derrière? je n'en sais rien. On m'attache la jambe droite (un peu désagréable) dans une sorte de gouttière qui permet de prendre la tension artérielle en continu. Je ne sais plus si on contrôle le taux d'oxygène dans le sang. Puis une dame s'approche, elle a un joli chapeau (un peu comme dans la série urgence) mais ne dit rien. Elle va laver partie gauche de mon visage avec de la bétadine, puis elle pose le champ opératoire. J'ai l'impression que celui ci est lourd, que c'est un véritable masque, (le masque de l'homme de fer) avec juste une fente pour l'oeil à opérer. Elle m'a juste demandé de me positionner d'une certaine manière, mais je ne sais pas qui elle est. Le Scialytique s'allume, la lumière est très intense, un peu orangée. Puis elle me demande de fixer vers le bas e l'intervention a lieu. Par moments elle met du liquide dans mon oeil. Tout cal se passe sans mots, sauf que par moment j'ai l'impression qu'une machine parle pour donner des indications. J'ai l'impression d'une lumière bleue. Puis la coque est posée et je vois alors mon ophtalmologiste que me dit qu'il me reverra demain et que j'aurais un carton avec l'heure.

Je pars en salle de réveil. On me met un brassard pour la tension (j'avais oublié que ça serrait autant ce truc, comme dit la dame: vous n'êtes pas épaisse et le pince doigt pour le taux d'oxygène dans le sang. Je suis en position presque assise et quelqu'un me met une couverture, ce que j'apprécie. On me dit que je suis là pour "une petite demi heure". Il est 15h20, je remontera à 15h50, ce qui est bien. Je demanderai le chiffre de ma tension; il est élevé: 15.5 mais il a parait il baissé de un point. Le chiffre inférieur lui est toujours bon.

Je suis donc dans ma chambre à 16h. Je commence à ne plus très bien savoir comment me positionner sur ce lit brancard. L'aide soignante vient prendre ma tension, elle grommelle car elle ne connait pas cet appareil, qui se décide quand même à fonctionner. Tension 14.8;5.5. Elle me dit que j'aurais une collation dans une petite vingtaine de minutes. Je commence à les compter ces "petits, petites"...

Mon mari arrive, là c'est génial parce qu'il va trouver le truc pour abaisser les barrières et que je puisse me lever pour aller aux toilettes.Je ne sais pas (là mieux vaut en rire) si les larmes  sont passées dans la vessie, mais bon dieu qu'est ce que j'ai eu besoin de vider cet excès...

Ensuite  c'est l'attente. La collation sera là vers 17h, et je sortirai vers 18h15, mais le problème c'est que mon corps manifeste un désaccord total, je ne sais pas comment me mettre dans le lit brancard. Le cathlon me fait toujours mal,j'ai l'impression d'avoir le corps coupé en deux, besoin de marcher comme pour évacuer la tension qui est dans les jambes,tremblements un peu partout, bref un moment difficile incontrôlable, même si j'essaye de respirer et de souffler.

Juste avant le départ, on me met une nouvelle goutte, on me remet un papier de sortie et vogue la galère. A ce moment là l'oeil opéré est dans une sorte de brume blanche. Heureusement que l'autre prend bien le relai.

Donc l'un dans l'autre il faut compter 4h30 avant de pouvoir regagner le monde des vivants.

A la maison (et Dieu sait que je suis contente d'être rentrée) la même sensation d'inconfort, je ne sais pas quoi faire de moi. Je prends 1/4 de lexomyl, 2 diantalvic parce que mon oeil me fait mal: il pleure beaucoup et j'ai l'impression d'avoir un grain se sable bloqué) et après un dîner succinct, je me décide à prendre un bain, histoire de détendre mes jambes. Mais cela n'est pas suffisant. J'essaye de lire, mais ça ne va pas. Alors en désespoir de cause, je prends 1/2 lexomyl et je m'installe en portion horizontale sur le canapé devant la télé avec une émission que j'ai à peine besoin de regarder et là je m'endors (ouf) me réveille de temps en temps, mais j'ai réintégré mon corps.

Je monte dormir vers 21H30, réveil à 6h et mon oeil n'est plus dans le brouillard. C'est vrai que beaucoup de choses me semblent plus claires, plus lumineuses. La lecture de loin pas encore ça, mais l'un dans l'autre je suis satisfaite.

Tout à l'heure visite chez l'ophtalmo, donc peut être un nouveau billet, peut être pas.

Mais je me demande comment font les personnes qui se retrouvent chez elles seules après cette intervention, car il faut quand même mettre des gouttes dès le lendemain, décoller la coque, bref pas facile quand on est seul. Merci à mon chéri d'avoir supporté une boule d'énervement.

Visite chez l'ophtalmo: astigmatisme augmenté considérablement. Cornée légèrement pliée (plissée?) et petit oedème. Mettre les gouttes, porter la coquille pendant la nuit et nouveau rendez vous vendredi

dimanche 1 avril 2012

Avant le changement de cristallin

Un nouveau cristallin...

Encore un truc qui ne fonctionne plus bien.. Encore une intervention en perspective (perspective immédiate puisque c'est pour lundi).

Il y a 18 mois, l'ophtalmo a noté que la cataracte de l'oeil gauche avait beaucoup progressé et qu'il faudrait certainement opérer. Or à ce moment là cela ne me gênait pas du tout dans la vie courante, car l'autre oeil compensait et le cerveau aussi. Mais lors du dernier contrôle le "bon " oeil commençant lui aussi à donner des signes d'atteinte, j'ai décidé de ne pas attendre et de me faire opérer courant avril.

Je n'aime pas le mot cataracte qui est employé pour cette pathologie.

Normalement une cataracte renvoie à une chute d'eau. Est ce que l'écume qui est projetée empêche de voir, qui aveugle? Cela me semble curieux. Il y a un autre sens de ce mot qui renvoie à la notion d'écluse: quand Dieu ouvre les écluses du ciel, (on pourrait dire les vannes) alors les eaux (d'en haut) se déversent sur la terre. Alors est ce que la cataracte c'est quand la lumière (le flux, le fleuve) de lumière ne passe plus dans l'oeil? Cela serait possible, mais là encore peu satisfaisant. Et puis ce mot renvoie finalement à la cécité, la perte totale de la vison et cela sur le plan psychique ce n'est pas évident. En fait je ne sais pas si c'est toute la lentille qui perd sa transparence ou si c'est seulement partie externe; mais peu importe.

Alors j'ai décidé de ne plus employer ce mot de cataracte, même si c'est le bon et de le remplacer par "changement de cristallin". D'accord, ce n'est pas un vrai, c'est une prothèse, mais cela renvoie à du neuf et à la récupération de la vision (pour moi de loin).

Ceci dit c'est une vraie intervention, même si elle se passe en ambulatoire. IL y a la visite chez l'anesthésiste. C'est fou d'ailleurs le nombre de papiers qu'il faut signer pour dire qu'on a tout bien compris... Ce qui m'a un peu amusée (enfin tout est relatif) c'est la phrase: on vous fera une petite piqûre pour vous poser une perfusion dans laquelle on mettra des calmants... Une piqûre est une piqûre qu'elle soit ou non petite et le fait d'employer cet adjectif n'enlève rien au fait qu'il faut poser une perfusion. Et moi j'aimerai bien savoir ce qu'ils mettent comme calmants...

Il y a eu aussi la biométrie de l'oeil, pour calculer la taille du cristallin. Il s'agit en fait d'une échographie de l'oeil, et c'est un faisceau laser qui est pointé sur la cornée à différents endroits et qui prend des mesures qui sont retransmises à un ordinateur qui lui fera les calculs. C'est donc un examen indolore (sauf au tout début car la goutte brûle pas mal) et rapide. J'aurais aimé que les deux yeux soient faits, mais pas possible pour éviter un risque d'erreur: je suppose implanter le cristallin droit dans l'oeil gauche ou réciproquement, mais cela ne me satisfait pas. Enfin je devrais dont y retourner dans quelques semaines. Pour cet oeil là, il s'agit d'une lentille de 22 dioptries.

Je dois mettre des gouttes antibiotiques pendant les 3 jours qui précèdent l'intervention et pour le reste, la suite sera dans un autre billet, quand le nouveau cristallin sera implanté.


mercredi 8 février 2012

"Fatigue et énergie".

Je prie mes lecteurs d'excuser ce qui me paraît être une sorte de fouillis, mais il y a des moments où il me semble important de ne pas laisser passer le temps.. Alors pardonnez moi si ce billet reste un peu flou.

Cognassier en fleurs au 30 Janvier.
Pulsion de vie

Certains qui suivent ce blog savent que je suis une adepte des massages shiatsu qui doivent donner de l'énergie. Or jusqu'à la séance d'hier je n'ai jamais ressenti d'énergie mais des sensations qui me permettaient de donner du sens et de m'étayer (ce qui est une manière de se sentir mieux). Par ailleurs j'ai toujours fait confiance à ma thérapeute qui parle de certains organes(foie, rein estomac) qui fonctionnent mal et qui doivent être en quelque sorte réactivés par les pressions sur les différents méridiens.

Je pense que cette dernière séance a fait une sorte de lien avec une séance datant de l'an passé et au cours de laquelle, au moyen d'un cristal de grande taille à l'intérieur duquel passe une spire de cuivre, j'ai reçu une sorte de purification cellulaire, du moins c'est comme cela que moi je dirais les choses. . Par exemple, j'ai des alliages au mercure  (métaux lourds) qui peuvent avoir un effet d'encrassement des cellules et du coup les empêcher de fonctionner correctement, et normalement cela a été stoppé et les cellules reprogrammées peuvent fonctionner comme s'il n'y avait pas eu cela.

 Dire que j'ai compris le processus serait faux, mais durant cette séance, il y a une sorte de régression qui s'est produite, la perte d'une membrane qui ne servait plus à rien et le droit d'être heureuse (ce qui à mon âge est quand même une bonne chose). Mais je suis restée très perplexe peut être jusqu'à la semaine dernière.

Je dois dire aussi pour reprendre d'anciens billets qu'en plus de la fatigue physique je viens de me rendre compte que le mot fatigue est pour moi une espèce de mot valise et que bien souvent il est là pour masquer quelque chose. Quand la petite phrase "je suis fatiguée" vient en moi c'est que bien souvent je n'ai pas du tout envie d'être là où je suis, et que donc cette phrase est là pour en masquer une autre qui serait: marre d'être là, pas envie d'être là ou de faire telle ou telle chose, ce qui veut dire que c'est un bon moyen de masquer la colère. Il est plus facile de dire à ses enfants "vous me fatiguez" plutôt que"allez au diable". Simplement se rendre compte de cela, permet de remettre les choses à leur place et pouvoir sentir la colère est beaucoup mieux que de crouler sous un sentiment dépressif. Et cela permet de différencier ce qui de la fatigue physique (y compris celle liée à la lecture, parce que lire trop longtemps me fatigue) et la fatigue psychique (recevoir quelqu'un en thérapie) de cette fausse fatigue.

Cette parenthèse étant refermée, mais je pense que le fait d'avoir pu prendre de la distance par rapport à ce sentiment, a certainement joué dans cette séance car pour la première fois en effet, j'ai senti une espèce de regain de force en moi. Je veux dire que je me sentais bien, pas fatiguée, avec de l'énergie à revendre (ce qui m'a certainement permis de ne pas m'affoler le lendemain, quand j'ai vu que mon aspirateur n'aimait pas du tout avaler des tisons qui couvaient soue la cendre et se mettre à fumer comme un malade).


Or cette énergie là, je ne sais comment la définir. Pour moi, il y a toujours eu une énergie venant du dehors, une énergie que je trouve dans la respiration et qui est autre que l'air que je respire, une énergie qui d'une certaine manière est souffle de Dieu et qui vient en moi si je le demande. Durant la séance, je me suis dit que si cette énergie externe fusionne avec l'énergie que je sens en moi, (mais qui est autre chose que la présence de Dieu) alors ce sera peut être une sorte d'éveil ou une fécondation, comme si le divin allait en quelque sorte faire alliance avec cette énergie humaine (vitale pourrait on dire) pour en faire autre chose.

Car cette énergie, je ne sais comment la définir, mais elle serait organique. Le massage permettant à une énergie (pulsion de vie) de circuler alors que les canaux étaient trop resserrés pour qu'elle passe. Cette énergie permet d'agir, de faire des choses, de se sentir capable, mais elle n'est pas "l'être". Elle permet de se sentir exister par l'action, mais pour moi on peut ne plus être capable d'agir, de réaliser (cela c'est ce qui se passe petit à petit dans le vieillissement) mais d'être existant quand même.

Je crois qu'il est important pour moi d'avoir fait cette expérience. Il y a un tonus de vie, qui est là, et qui ne demande qu'à s'exprimer. Ce qui est important c'est de savoir que toute seule je ne suis pas capable d'y arriver et que j'ai besoin de la compétence d'un (une) autre. Mais c'est aussi de savoir que malgré tout ce tonus (pulsion de vie pulsion de mort dirait papa Freud) va diminuer plus ou moins. Que je peux l'entretenir, que comme le feu sous la cendre il peut se ranimer, mais qu'un jour il s'éteindra.

Je ne sais pas si l'énergie de Dieu, celle qui permet de s'ouvrir (comme une fleur) et à Lui et aux autres, peut ou non féconder cette énergie intrinsèque. Je pense qui oui, et que c'est cela qui permet de se sentir vivant (peut-on dire guéri) même si la vie (vitalité) diminue.

En tous les cas, ce fut une séance importante pour moi.

vendredi 20 janvier 2012

cicatrice

Comme je l'ai écrit dans le billet précédent, les fils de la cicatrice sont censés de résorber. En fait je ne sais pas ce que cela veut dire et la cicatrice reste un peu douloureuse et surtout très sensible. Il me semble qu'il y a par endroit des tous petits bouts de fils, mais pas possible de les enlever.

Finalement j'aurais préféré les bons vieux fils que l'on fait enlever par une infirmière, au moins on voit ce qui se passe. Et ce qui se passe dans son dos, comme chacun sait, ce n'est pas facile!.

Par contre, ce qui est certain c'est que je n'ai plus mal au dos de ce côté là, ce qui voudrait dire que la boule compressait surement des muscles ou des terminaisons, mais c'est vraiment un plus.

Du coup, je n'ai pas eu mal au dois pour le ski et cela c'est chouette.

Voilà pour les nouvelles du jour.

vendredi 30 décembre 2011

Boule de graisse fin


Comme prévu l'intervention a eu lieu mercredi dernier. La seule ombre a été l'attente... C'était prévu pour 13h, ce fut à 14h45. Heureusement je n'étais pas seule. Mais le simple fait d'être dans ce boxe réveille en moi des peurs de l'enfance: et si on m'oubliait...

Personnel gentil. Découverte des culottes en tissu non tissé. Le reste, blouse, charlotte chaussons je connaissais.

Le chirurgien m'avait prévenue que la piqûre serait un peu douloureuse, ce fut le cas, mais très bref. Ensuite plus rien, mais je sentais des gestes (mais sans paroles, il est difficile de savoir ce qui se passe). Impression quand même de gestes d'arrachement, mais c'est juste une impression. Ce serait tellement plus simple s'il y avait des mots, j'ouvre, je décolle le lipome, je recouds... Je sais que je peux toujours rêver.

L'infirmière du bloc (très sympathique cette petite dame qui fait ce métier depuis 1974) m'a montré le lipome et là je dois dire que ça a été une bonne surprise. Je m'attendais à une espèce d'amas de graisse jaunâtre, comme de la graisse de canard, mais ce n'était pas du tout ça; Certes c'est un peu jaune, mais avec le sang cela fait plutôt rose et j'ai eu l'impression de voir un beau poisson en train de flotter dans le bocal. Ce n'est pas du tout une boule, mais une forme ovoïde, assez symétrique, donc d'une certaine manière je ne suis pas trop mécontente d'avoir fabriqué ce truc là (dont je me serais quand même bien passée). Bref une bonne surprise. Retour ensuite à la maison et là...

Là une fatigue énorme qui m'est tombée dessus. Cela m'a étonnée car je ne m'y attendais pas du tout. Choc opératoire? Peut-être. Après tout il a quand même fallu ouvrir pour chercher "le poisson" et je dois dire le fait d'avoir cette bosse dans le dos (cet oeuf si on peut dire) , m'a fait penser à la phrase "faire un bébé dans le dos" et là vu la forme c'est un peu comme une césarienne: quelque chose est sorti de moi. Ce que ce quelque chose représente cela je ne le sais pas. J'ai toujours pensé que je ne "portais pas" les personnes que je reçois sur mon dos, peut être que je me trompe. Peut-être y a t il quelque chose à reprendre dans ma manière d'être. A suivre.

Donner un sens à ce lipome n'est pas aisé. Peut être n'en a t il aucun, mais je pense que le lieu où se met cet amas n'est pas neutre et que ça finira bien par prendre sens pour moi.

Quant à la douleur, elle s'est manifestée vers minuit. Je pense qu'il a dû mettre une bonne dose de xylocaïne pour que l'insensibilisation dure aussi longtemps. Elle perdure encore aujourd'hui, mais c'est très supportable. Et je prends ce qu'il faut.

Pour la fatigue, c'est mieux aussi. Simplement il y a une partie de moi qui accepte mal cette réaction somatique à une intervention que je désirais et qui est quand même extrêmement brève.

Il me faut juste espérer que cette "fabrication" de cellules des graisse en restera là, du moins pour un bon bout de temps.




mardi 6 décembre 2011

Boule de graisse, suite.

Je ne sais pas si elle grossit ou pas cette boule, mais vraiment je ne l'aime pas.Il est certain que a minima elle me renvoie à ces bosses liées aux scolioses des enfants opérés à Saint Vincent de Paul, à ces déformations, à ces handicaps.

Je suis donc contente de savoir que nous n'avons plus que 3 semaines de cohabitation, elle et moi. Le chirurgien que j'ai rencontré hier va l'enlever le 28 décembre en principe dans la matinée. Il fera une anesthésie locale (xylocaïne) une incision de 3 à 4 cms qu'il refermera par une couture surjet (ça j'aime bien, car il n'y aura pas de traces) avec du fil qui part tout seul. Une compresse à enlever dès le lendemain. Tout cela me va fort bien.

j'ai eu un peu envie de rire quand il m'a proposé une anesthésie générale juste pour ne pas voir le "bloc"...  Moi, j'aime bien voir, je suis finalement quelqu'un de très curieux et comme il fera son travail "dans mon dos", je ne verrai hélas rien.

Outre l'atteinte narcissique liée à cet oeuf dans mon dos, il y a le rappel du mélanome de la femme de mon père, qui faisait des boules un peu partout et aussi de la maladie de Recklinhauser, la neuro fibromatose qui est une vraie saleté. Le fait d'avoir vu ces maladies ne favorise peut être pas la "tranquillité" de l'esprit, mais je dois faire avec mon histoire. Je pense que malgré tout je ne serais totalement en paix avec ce truc que lorsque j'aurais reçu les résultats de l'histologie.

Et puis, mais là je n'ai pas encore d'idées, ce lipome qu'est ce qu'il veut me dire?

dimanche 13 novembre 2011

"Boule de graisse"

boule de graisse....

Acte 1.

Il y a un roman de Maupassant qui s'appelle "boule de suif". Moi j'ai une grosse boule de graisse sur l'omoplate et bien entendu la question que je me pose est: comment ai je réussi à me fabriquer une nouvelle tumeur? je sais qu'elle est bénigne puisque le nom savant est "lipome", puisque comme le cancer, cela ne vient pas de l'extérieur: on n'attrape pas ça par contagion, mais bien de l'intérieur.

Mardi je saurais ce qu'il en est (il faut dire que lorsque je travaillais en milieu hospitalier j'ai vu des "boules" comme ça qui étaient des saletés), donc j'ai besoin de savoir si ce n'est que ça. J'espère aussi qu'on me proposera de l'enlever, parce que ce truc me fait mal : je pense que si je ne l'ai pas vu plus tôt c'est que je pensais que la douleur dans le dos, c'était musculaire comme souvent, et surtout que mon narcissisme, mon image de moi en prend un coup.

D'une part j'ai une bosse dans le dos et la bosse cela renvoie à bossu etc etc et surtout c'est de la graisse et quelque part il y a quelque chose de sale dans ce mot.

Donc vivement que ça parte.

Acte 2.

L'échographie dit que c'est un lipome de 6 cms de long, de forme discoïde et de 7mm d'épaisseur dans la partie centrale. J'ai pris rendez vous en chirurgie pour le 5 décembre et ce sera l'acte 3.