samedi 8 mars 2008

"Mélancolie?"

Devant chez nous, à la montagne il y a de grands sapins très majestueux. Sur la cime de l'un d'entre eux, s'était posé un choucas, mais le temps que je cherche mon appareil photo, il s'était envolé. Je l'avais entendu chanter.Il disait que à sa manière que le printemps était là, que la vie revenait. Il y avait aussi le chant du ruisseau qui passe près de l'immeuble, car la fonte des neiges est amorcée.
   
L'an dernier à cette époque j'étais en vacances aux Arcs. Je savais qu'il y avait quelque chose de douteux sur mon sein gauche, mais je refusais de m'en préoccuper tant que les autres examens n'auraient pas été faits. 

J'avais imaginé que je retournerai aux Arcs pour les vacances d'été, mais de vacances point, du moins pas à la montagne.

Il y a eu aussi depuis la mise en place du traitement au long cours pour éviter une récidive, cette fracture du poignet (vite guérie) mais qui a  renforcé en moi le sentiment de fragilité lié à l'atteinte cancéreuse. 

Comme je l'ai écrit dans un précédent billet, d'une certaine manière, la maladie est derrière, je vis normalement mais je me sais en rémission. Et rémission n'est pas guérison. Je ne suis même pas sûre de pouvoir parler de guérison, car ce dysfonctionnement il n'est pas en mon pouvoir de l'empêcher de se réactiver. Peut-être pas sous le même forme, peut-être pas dans sur le même organe, mais la mort s'est d'une certaine manière manifestée, et elle ne peut plus être évacuée par un simple effort de volonté.

Actuellement, il n'y a pas un matin, pas un soir que la gêne liée à la chirurgie et aux rayons, sans parler de l'espèce d'insensibilité de la peau, ne me permette d'oublier ce qui m'est arrivé. Mettre les bras sous ma tête (et c'est une posture que j'aime bien et qui me permet de réfléchir) reste toujours un peu douloureux.   

Cette maladie fait désormais partie de moi, elle continue à être moi, dans mon corps. Je ne peux la nier, je ne peux l'oublier (et pourtant j'aimerai bien). Je ne suis pas malade, je suis en bonne santé, j'ai mon âge et cela parfois c'est aussi un peu pénible, mais il y a des choses qui ne seront plus jamais les mêmes. 

Je me disais il y a quelques temps (parfois je m'essaye à philosopher) que dans la vie, on attend un événement qui va arriver (le futur) il est là (le présent) et il est aussitôt derrière (le passé).

Le cancer, lui il est arrivé directement dans mon présent, en tant que tumeur éradiquée, il est derrière, mais c'est un passé qui ne permet pas d'amnésie, parce que le corps se souvient et se souvient encore. 

J'ai parlé ailleurs de la mémoire du corps, aujourd'hui je me rends compte combien elle est puissante cette mémoire et combien il est important d'en tenir compte, de la laisser exister, car elle raconte, elle me raconte mon histoire, mon présent et mon passé et peut-être mon futur.


Et pourtant je passe d'excellentes vacances ici dans un lieu que j'aime, mais il y a des dates anniversaires qui ne sont pas faciles.

2 commentaires:

Anne a dit…

Je pense bien à toi et te fais de gros bisous. Aaricia

catherinette a dit…

Le bonheur est un parfum que l'on ne peut verser sur les autres
sans en recevoir quelques gouttes.
Saint Augustin
j'aime bien celui là !
comme m'a dit une amie, mon blog c'est "mon sac à marre" alors je débale, je débale... et pour un petit moment ça va mieux...
c'est dur, pour moi, les douleurs physiques, pour d'autres, les douleurs morales, (les séquelles de la maladie), les deux font mal, très mal, alors c'est vrai que se serait plus simple, beaucoup plus facile de laisser tomber, de se laisser aller, mais ce matin, j'ai envie encore une fois de me dire que je vais y arriver, que mon esprit est plus fort que le reste et que je vais combattre une à une , toutes ces petites taches noires sur mon squelette et que je vais les transformer en mandalas bleus ! je crois en l'esprit, il est le plus fort, alors bye bye cafard et bonjour combativité !
bisous tendres
CATHERINETTE DES ESSENTIELLES
http://deessegaia.skyrock.com
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