mardi 18 mars 2014

Une semaine après le retour de la clinique.

Cela fait 8 jours que je suis rentrée à la maison. Je pensais que tout serait simple, mais ça ne l'a pas été. Mais maintenant je peux remarcher avec une seule canne et je me sens relativement bien.

Peut -être est il temps de raconter un peu ce qui s'est passé à la clinique. Il est bien évident que c'est "mon" histoire et qu'elle ne peut être transposée. Il y a du positif, du négatif, et je ne voudrai pas que le négatif l'emporte sur le positif. Mais il certain que la manière d'être de mon chirurgien qui me parle en disant "ma petite dame" je n'ai pas aimé du tout. Encore heureux qu'il ne m'ait pas traitée de petite mamie. J'avais cherché dans ma tête une phrase du style: la petite dame elle dit à son grand chirurgien qu'elle n'est pas juste une prothèse de hanche, qu'elle a une histoire, mais je pense qu'il n'aurait pas compris.

Je suis donc arrivée à la clinique le mardi 4 mars. L'admission s'est bien faite. J'ai eu ma chambre individuelle: lit électrique, petite salle de bain. Une belle vue sur les arbres. Par contre un problème assez important: l'eau chaude se laisse désirer: il faut parfois un quart d'heure pour qu'elle chauffe. Du coup la douche du soir à la bétadine a été remplacée par le lavabo (eau à 30°) et comme il n'y a pas de prise électrique proche du cabinet de toilette et pas de glace dans la chambre le "brushing" post bétadine a été complètement loupé. Tous mes médicaments habituels ont été pris par l'infirmière. Ce que je trouve difficile c'est que le personnel ne se présente pas (pas de badge) donc il est très difficile de savoir qui est qui. On m'a posé dès la veille un cathlon pour le perfusion qui sera mise en place. Rien pour dormir. Je sais que l'intervention est prévue pour 9h45.

Le 5 jour de l'intervention, réveil à 6 heures du matin. La douche est chaude, je me recouche avec les blouse, les chaussons, le bonnet. Dur d'entendre ensuite les bruits de petit déjeuner. Le temps passe un peu, heureusement j'ai mon ipad donc je peux m'occuper et écouter de la musique. On m'apporte des comprimés d'atarax (c'était prévu par l'anesthésiste) et le temps passe, passe. L'heure à laquelle je devrais être descendue est largement dépassée, et là malgré la respiration avec la cohérence cardiaque, ça devient dur. J'entends la voix du chirurgien.. Il fait sa visite, ouvre la porte. je lui demande quand je vais être opérée et j'ai droit à "je suis le chirurgien -comme si je ne le savais pas-, il y a deux interventions avant la votre". Je ne peux pas dire que j'apprécie, et il est évident que l'effet de l'atarax est inopérant maintenant.

On vient me chercher vers 13h30. Un petit arrêt en salle de réveil qui me semble assez long, car j'ai froid, puis passage de l'anesthésiste qui m'a reçue en consultation. je lui demande s'il serait possible de me poser une sonde urinaire, il me dit qu'il va transmettre au collègue qui va s'occuper de moi. Encore une petite attente et un infirmier vient me chercher pour me conduire au bloc. L'anesthésiste me fait une rachialgie, et injecte ce qu'il faut pour me shooter. L'infirmier du Docteur Aimard se présente ainsi qu'une infirmière qui fait une stage. Ils m'installent sur le côté, les deux bras à des hauteurs différentes, et un petit cousin sous la tête. Après je ne sais plus trop... Je sais qu'il y a la pose de la sonde, mais je ne ressens rien, tout le bas est mort. Il y a la voix du chirurgien, le bruit de la scie, d'autres bruits, parfois celui d'une caisse à outils que l'on secoue, quelques chocs et une phrase: 22 minutes, ça vous ne le verrez pas dans les hôpitaux de l'A.P., comme ça la petite dame elle aura une petite cicatrice, les muscles ne sont pas lésés et elle va récupérer très vite. Je sais que l'anesthésiste me fait une injection d'éphédrine parce que la tension est très basse et me voila en salle de réveil.

Là, je suis prise de tremblements, froid mais pas que ça, comme si tout mon corps réagissait à ce qu'il vient de vivre et aussi le retard. Le personnel est très gentil, il m'installe bien, met du chauffage (je verrai ensuite que c'est un énorme tuyau blanc qui souffle de l'air chaud sous un drap), et ça tremble, ça tremble. J'ai l'impression que cela dure des heures et que comme du fait de la rachialgie les jambes ne peuvent pas trembler c'est décupler en haut. Petit à petit ça se calme, je pense que dois somnoler un peu. On me fait un prélèvement au doigt pour l'hémoglobine. Et je remonte dans ma chambre. Il doit être entre 16h30 et 17h. Je ne sais pas.

Je suis installée dans mon lit, il y a bien la sonde urinaire, une perfusion avec plusieurs poches, et le redon. Philippe est là et je sens son inquiétude, car cela fait très longtemps qu'il attend. C'est dommage que personne n'ait téléphoné en salle de réveil pour avoir de mes nouvelles. A part les jambes qui ne veulent rien savoir, je me sens bien, la douleur est bien traitée.

Comme je ne suis remontée tard, je ne peux avoir mon repas à l'heure "normale" et je devrais attendre presque 21H, mais les règles sont les règles.

L'équipe de nuit arrive, prend les "constantes", me donne ce qu'il faut comme calmants. Il se trouve que ma chambre est proche du poste des infirmières et quand les autres chambres sonnent, j'ai l'impression que ça sonne dans ma pièce ce qui est très désagréable. Je dois rester sur le dos avec un oreiller entre les jambes (et cela devra perdurer longtemps, mais ça je ne le sais pas).

Plus tellement de souvenirs de cette nuit, c'est peut être mieux.

Du 6 au 10 Mars.

Le nuit du 6 au 7 a été plus que difficile, vers 3 heures du matin j'ai eu un antidouleur qui m'a permis de dormir plusieurs heures d'affilée. Le 6, le kiné est passé et j'ai pu me mettre un peu dans le fauteuil et faire une petite toilette, mais je n'ai pas tenu longtemps, certainement chute de tension. Les repas sont corrects, mais vraiment pas envie de manger.

Le 7, une aide soignante m'aide vraiment pour ma toilette. Je me mets debout avec un déambulateur.

Le 8, on découvre que j'ai une "petite anémie" à savoir 7.8 gr d'hémoglobine. On me pose une perfusion de fer. Ce jour là on m'a oté la sonde urinaire et je suis capable de me déplacer pour aller seule dans le cabinet de toilette.

Le 9, rien de spécial, si ce n'est l'ablation du redon. Comme je vois que dès que je marche il donne pas mal, je me demande un peu ce qui va se passer. Mais j'apprends aussi à monter les escaliers. Beaucoup de visites ce jour là.

Le 10, ce sera la sortie. Une nouvelle perfusion de fer, une échographie/doppler tout à fait normale et une radio. Je rentre en ambulance à la maison, et j'arrive à marcher un peu avec une canne.

Le 11, on arrive aux billets précédents et avec ce foutu hématome qui va tout retarder.

Je regrette que le chirurgien n'ait pas évoqué cette possibilité, qu'il n'ait pas dit que je devait dormir sur le dos avec un coussin entre les jambes car il ne faut pas que la jambe opérée se colle contre la bonne jambe (mauvaise position) et surtout de ne pas avoir un traitement suffisant pour la douleur, ni de prescription pour un releveur de siège de toilette. Je sais juste que je dois le revoir dans un mois avec une radio et faire 20 séances de kiné et que les agrafes seront enlevées le 21° jour.

Comme je l'ai dit, je ne pense pas que l'on puisse généraliser, ceci c'est ce que j'ai vécu pour cette intervention.

le déambulateur

pied du lit

de ma fenêtre

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Oh Giboulée, je viens de te lire!
Comme je comprends ce que tu vis... cela me rappelle des souvenirs assez pénibles: pression trop basse, anémie, manque d'appétit, douleurs à gérer, mauvaises positions, 30 agrafes pendant 3 semaines, etc....
Et figure-toi que j'ai aussi eu beaucoup de problèmes avec ces "morceaux" de mon genou qui ne sont plus là, ma jambe est en 2 parties... je tiens sur du "pas à moi" !
Je te souhaite beaucoup de courage pour ta rééducation, heureusement on va vers la belle saison, tu pourras bientôt profiter de ton jardin.
Amicalement. S