vendredi 30 septembre 2011

Quatre ans après

A peu de choses près, il y a 4 ans, au début du mois de septembre, à la fin de la radiothérapie, nous avions passé une semaine en Bretagne et avions fait la côte jusqu'à Fort Lalatte.

Nous avons repris le sentier côtier à la fin du mois dernier (Août) et avons redécouvert la mer, les senteurs, les bruits, les fleurs, les couleurs.

Ce petit séjour a été très bénéfique comme il l'avait été il y a 4 ans. Puis il y a eu la prise de sang, les examens radiologiques et échographiques.


Une fois de plus j'ai détesté la mammographie qui est vraiment très très douloureuse et l'attente en cabine. Est ce que cette attente dans un lieu clos, sans fenêtres où l'on entend des bruits de voix et autres, provoque chez moi une sorte de peur du style: et si on m'oubliait là-dedans? Je ne sais pas. Mais vraiment je n'aime pas ce temps qui s'éternise sans rien pouvoir faire. Ceci dit, j'ai eu dans la foulée l'échographie des seins et les échographies pelviennes et abdominales, et cela j'ai apprécié. Je me demande toujours comment font les personnes qui ont du mal à respirer, car il faut retenir sa respiration bien des fois durant ces examens.

La visite chez l'oncologue (prévue de longue date) était pour mercredi de cette dernière semaine de septembre. Curieusement, comme l'an passé, nous avons eu droit à un énorme ralentissement (vive les travaux) et nous sommes arrivés en retard. A croire que je n'avais pas du tout envie d'y aller. Le médecin lui-même étant en retard, je n'ai pratiquement pas attendu et à ma grande surprise, d'une part il ne m'a appelée "jeune fille" ce que je n'aime pas du tout, et d'autre part il a remarqué que mes cheveux étaient un peu différents ce que j'ai apprécié.

Il a aussi pu me dire que la douleur dans le sein irradié, personne ne pouvait savoir si elle serait à vie, mais ça au moins c'est reconnaître que la douleur existe et ça me va.

Donc en soi visite positive. Encore une dans un an et ensuite normalement ma gynéco pourra prendre le relais.

Maintenant, il me faut dire que être confronté dans sa famille très proche à quelqu'un qui est soigné pour un cancer du sein, c'est loin d'être facile. S'il y a bien quelque chose que l'on aimerait éviter à ses proches c'est de passer par ce parcours qui fait passer du monde des bien portants au monde des malades et qui surtout parce que c'est une maladie à potentiel létal, change complètement le rapport au temps, le rapport aux autres, le rapport à la vie.

Si pour moi, ce cancer pris à temps, petit en taille n'a jamais été considéré comme pouvant provoquer "ma" mort, il m'a profondément changée. Chaque jour est un jour donné et surtout faire des projets à long terme n'est plus possible.

Si la fatigue, la mauvaise fatigue a considérablement diminué, elle est toujours là ponctuellement. Alors se dire que quelqu'un pour qui on a beaucoup d'affection va devoir vivre un traitement beaucoup plus invasif que celui que j'ai connu, ne rien pouvoir faire pour éviter cela, parce que cette maladie, elle a son protocole de soins, cela est difficile et réactive aussi un vécu que j'aimerai pouvoir mettre aux oubliettes, même s'il le refuse obstinément.

On dit que le cancer est un comme un crabe, je dirai aujourd'hui que le cancer c'est quelque chose qui s'attache à vous, comme une arrapède sur son rocher, et qui est là à vie.Elle ne se nourrit pas de vous, mais elle s'attache...



1 commentaire:

Paola a dit…

Ton billet me touche beaucoup. Concernée à 33 ans, l'âge du Christ, je comprends parfaitement tes bons mots.