lundi 2 juillet 2007

Si ton oeil ton bras ta jambe est pour toi cause de scandale, coupe le..

La béance.

J'ai entre les mains depuis plus de 15 jours le compte rendu de la biopsie du nodule retiré lors de l'intervention. Il a été commenté par le médecin qui doit assurer ma radiothérapie. Jusque là je m'étais focalisée sur les signes positifs: taille du nodule et surtout le faible taux de mitose. Le B.S.R. grade II m'inquiétait. Mais il suffit d'un point pour passer de I à II, alors peut-être ne faut il pas trop s'inquiéter.

Curieusement je n'avais pas regardé la taille de la pièce biopsiée. Elle fait 4cmx3cmx2cm soit un volume de 24cm3. Or le nodule lui fait moins de 1cm3. Je dois dire que ce rapport de 1 à 24me semble démesuré, effrayant. Et pourtant je sais parce que j'ai travaillé avec des enfants porteurs de cancers des os que pour éviter unre propagation on coupe large, très large.Cela montre bien à quel point cette maladie est dangereuse. Si à vue de nez j'estime le volume de mon sein à environ 500cm3 cela correspond à 1/20.

Ceci me renvoie un peu à une phrase de Jésus: si ton oeil (ton bras, ta jambe) est pour toi cause de scandale (de mort) coupe le. Là c'est quelque chose de semblable. On ne coupe pas le sein ce qu'on aurait peut-être fait autrefois, mais la représentation du mal qui gagne et qui peut tout contaminer demeure aussi intense.

Je me souviens d'une jeune fille, qui après avoir vu la radio qui avait suivi l'ablation de toute une partie de la hanche s'était littéralement effondrée dans mon bureau. Le trou, le vide, le manque, la béance.Il y a eu une récidive peu de temps après sa sortie du centre de rééducation et au fond de moi, j'ai toujours pensé que le traumatisme lié à cette vision d'un corps finalement amputé avait été un des facteur de la reprise de la maladie.

Certes le chirurgien qui m'a opérée a remarquablement bien oeuvré pour moi, car je ne pouvais imaginer un tel trou. Maintenant, je sais qu'il est là. Il est la signature d'une maladie dite maligne.

C'est une maladie dont on guérit, mais il y a un prix à payer.

Je me demande aujourd'hui comment on peut accompagner les patients.J'avais cru comprendre des choses, parce que ceux qui ont accepté de parler avec moi m'ont énormément appris, mais je me demande si j'avais vraiment compris quelque chose. Aujourd'hui,je dirai non en tous les cas pas grand chose.

Peut-être que ce vécu de maladie me permettra de mettre d'autres mots sur de tels maux.

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