mercredi 20 juin 2007

Où est le moral?

La réponse à cette question est: dans les chaussettes.

Pourquoi est-t-il aussi bas?
Réponse: parce que le temps s'allonge.

Parce que les projets (et là j'ai envie d'écrire pro-jet, car il s'agit bien de cette activité qui consiste à se sentir exister en agissant un peu sur un certain futur,) deviennent presque impossibles à défaut de impensables.

Peut-on encore penser à autre chose? A une vie "normale"?

La consultation d'hier a démarré avec une attente de près de deux heures; nous étions tous là, à attendre dans la chaleur, donc tous avec un cancer. A chacun le secret du sien.

La consultation m'a permis d'avoir enfin une photo copie des résultats de l'analyse de la tumeur enlevée. Par rapport à la biopsie initiale, confirmation du type de cancer, de l'absence de métastases, mais des cellules plus cancéreuses: grad II et non I; La biopsie aurait elle changé quelque chose? Cela je l'ai déjà mal vécu. Ensuite, le cadrage, prévu dans 15 jours, qui sera suivi d'un scanner et si le premeir cadrage est bon, la radiothérapie pourrait commencer vers le 14 juillet.

Je commence enfin à employer le conditionnel, et cela aussi m'est difficile.

Comme le traitement sera encore plus long, s'il commence vers le 14, il ne se terminerait que début septembre.

Moi qui espérais tant que ce serait terminé vers le 15 Août, je dois remballer mes envies, mes projets. Et pour les vacances, nous sommes quand même deux. Pourquoi imposerai-je ce rythme à mon mari?

En fait ce que je supporte mal, voire très mal, c'est cette notion de protocole: vous avez tel cancer donc... On rentre dans un protocole, qui est-on quand on rentre ainsi dans ce cercle de soin?

Car maintenant la question est aussi: certes le cadrage est prévu pour le 5 juillet, mais ne faudra t il pas ensuite envisager autre chose, si ça ne marche pas.

Est ce raisonnable de penser à la mi juillet pour le début du traitement en tant que tel?

Bien entendu c'est pour moi je guérisse ou plus axactement que je ne récidive pas, mais ce cancer qui a laissé comme marque un trou et des cicatrices est omniprésent, omni envahissant. Il est bien cette cellule qui prend une place qu'elle n'a pas à prendre. Et je ne peux pas me sentir réduite à être une pathologie.

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